Qui veux la paix… joue au tennis de table

« On se fait une tournante ? » Le Tennis de Table, appelé familièrement “ping-pong” est un sport plutôt connu pour son coté convivial, en camping/club de vacances, avec des potes. Souvent à l’extérieur, en plein soleil et à l’heure de la sieste, après un petit apéro* et un bon barbecue, la partie commence après avoir consciencieusement choisi l’adversaire de devant… Même pas un tour de passé et un coup de vent fait s’envoler la balle en celluloïd d’a peine 2,7g. Le vent, même si il n’est pas violent, devient pour des pongistes en extérieur une tornade handicapante, pouvant justifier les loupés de nos super bottes secrètes !
Tout le monde râle, et souvent, la partie de Ping-pong se transforme en pétanque, sport national des campings.
A l’époque, je ne comprenais pas les Fatals Picards quand ils chantaient que le tennis de table devrait être un sport moins violent (On se demandait – Pamplemousse Mécanique 2007). Mais ça c’était avant… Depuis que je fais quelques photos de match pour mes correspondances avec un journal local, je comprend de plus en plus la « violence » dans ce sport.
Équipes observées : le SPO Rouen Tennis de Table évoluant en Pro B masculine et leurs voisins de l’ALCL Grand Quevilly ayant 2 équipes: une en ProB masculine et l’autre en ProA féminine.

Mardi 10, je vais photographier le SPO, au programme maximum 6 matchs avec des joueurs classés dans les 200 français. Et bien ça tape, ça bourrine, une balle qui peux atteindre pas loin de 180km/h (selon une étude de Hervé Delisle, 1999). Coté photo, pour bien figer ces piles électriques, il faut atteindre la vitesse de 1/640s et même là, le geste est flou dans les gestes les plus violents. Très loin de notre partie en camping…

Toujours dans leur bulle, les joueurs de « ping-pong » sont pas très bavards, et souvent bourrés de tic de jeu: les joueurs vont essuyer leur main juste derrière le filet, plaçant scrupuleusement leur pied l’un à coté de l’autre au niveau de ce filet. Certains attendent 1 mètre derrière la table avant de servir.

Jesus Cantero - SPO TT
Le service, chose qui m’a aussi interpellé, pas le geste en soit, mais plutôt la concentration du serveur et le calme qu’il peut y avoir parmi les spectateurs. Une fois, j’ai eu le malheur de photographier un service, silence de mort, les yeux des spectateurs fixés sur le serveur, les yeux du serveur fixés sur la balle. D’un geste discret, la balle s’envole, légère, en apesanteur, le temps s’arrête, le serveur pense à la chorégraphie qu’il va effectué pour que la balle ai l’effet souhaité… et là, clic clac Kodak, le bruit de l’obturateur viens perturbé cette danse, au mieux, la balle touche le filet et est à remettre, au pire, elle fini dans le filet. Mais dans tous les cas, le serveur relève la tête et dirige son regard de tueur vers l’oeil de 118mm de diamètre qui était à l’origine de cette détonation. Je fais style « c’est pas moi », mais avec l’arme du crime autour du coup, personne ne me croit… Depuis, j’ai découvert le mode « silence » et pour plus de sécurité, je me glisse derrière les gradins !

  Jesus Cantero - SPO TTCan Akkuzu - SPO TT

Une fois le service effectué, les échanges commencent, et là, faut suivre! mon oeil scotché dans le 300mm, je n’ai qu’un champs de vision équivalent à la largeur de la table (soit pas loin d’1,5m). Le joueur ciblé saute, bouge dans tous les sens et agite les bras… au meilleur des cas, pas beaucoup d’échanges. Au pire, ça tape fort, très fort, le jeune Can Akkuzu s’envole même pour mettre tout son poids pour smasher la balle.

Can Akkuzu - SPO TTCan Akkuzu - SPO TT


L’espagnol Jesus Cantero est aussi un phénomène avec sa prise « porte-plume ». Il a le sang chaud et prend tous les risques pour accélérer la balle.

Jesus Cantero - SPO TT

Jesus Cantero

Jesus Cantero - SPO TT

Jesus Cantero

 

Le dernier de l’équipe, et pas le moindre, Marko Jevtovic est Serbe, et a été n°1 dans son pays. En France, il n’est classé que 47. Silencieux, très calme, il sait taper quand il le faut.

Marko Jevtovic

Marko Jevtovic

*(attention, l’abus d’alcool blablabla…)